Armand ROUILLER

 

Peintre de la fidélité et de la constance. Tout d’abord fidèle à son métier premier, celui qui le fera vivre et élever une famille.

Nommé instituteur à Vullierens, petit village vaudois entre lac et Jura, en 1927, il y restera jusqu’en 1963, année de sa retraite et même au-delà, donnant scrupuleusement son enseignement.

Mais à coté une véritable passion, la peinture.

Fidèle à son environnement : la famille, la maison, ses objets, le paysage qu’on découvre par la fenêtre, la proche campagne, la plus lointaine, les villages tout autour, peut-être un bord de lac : voilà ses sujets et cela pendant toute une vie. Le plus proche et l'alentours, et rares sont les exceptions.

Fidélité à ses amis Apothéloz, Pizzoti, Clément, Blanc, etc… à leur manière de sentir la nature et de la transcrire comme s’il y avait une école de paysagiste vaudois qui descendrait de Phocion mais surtout d’Hermandad.

Fidèle à son métier de peintre qui reste presque immuable. Un métier carré (bien que l’homme physiquement fut tout en rondeurs musclées) sans fioritures, direct, rude comme un meuble campagnard. De grands aplats, des coups de brosses vigoureux en de pleine pâte tirée comme par une herse picturale. Souvent des formats allongés, des marines, mais qui sont supports à de longs paysages terriens aussi désespérés et fascinants que des océans. Il est si fidèle à tout cela, que fatalement, il est pour finir le plus vaudois des peintres vaudois, mais attention, de la campagne, ce que décrit bien Georges Peillex dans la critique de sa première exposition : »Son chant est discret, retenu, presque pudique, volontiers sévère, des tons volontairement assourdis, des harmonies simples et réservées semblent vouloir proscrire toutes manifestations superficielles, mais pour mieux laisser sourdre une voix intérieure. La campagne de Rouiller évoque le paysan et ses gestes lents et mesurés en de belles évocations qui valent par l’authenticité du message qu’elles nous apportent et une belle densité de couleur ».

Ses oeuvres sont dans diverses collections publiques (Confédération, Musée cantonal, Ville de Lausanne, Musée jurassien des Beaux-Arts, Moutier) et privées en Suisse et à l'étranger (USA, Allemagne, France, Angleterre, etc...).

En 1976, l’éditeur Max Robert de Moutier consacrait un livre amical et chaleureux à Armand Rouiller . Ce fut une de ses dernières joies. ( J.-CL. H. )